Le nouveau "Prêt étudiant" : étudiants précaires et banques vont finir par s’entendre

Accessible à tous les étudiants, sans condition de ressources, sans caution parentale ou d’un tiers, avec possibilité de remboursement différé partiel ou total, dont une partie du risque de défaillance est garanti par l’État : le nouveau "Prêt étudiant" mis en place par Valérie Pécresse tend à faciliter l’accès à l’emprunt pour les étudiants, leur permettant de "diversifier les sources de financement de leur vie étudiante", tout en prévenant le risque encouru par les banques...

Un climat de confiance... ou pas

L’accès aux prêts, qu’ils soient destinés ou non aux étudiants, exige une condition sine qua non : il faut avoir... de l’argent. Condition contradictoire, certes, puisque si vous en voulez, c’est que vous n’en avez précisément pas, mais si vous ne pouvez justifier d’un minimum d’apports vous permettant de rembourser la banque le moment venu, la banque vous boudera, et vous la bouderez plus encore. Mais soyez lucide, comprenez-la : c’est un prêt, pas un don !
Vous devez alors soit requérir l’aide financière de vos parents ou d’un tiers... mais s’ils pouvaient/voulaient vous aider, vous n’auriez pas besoin d’un prêt bancaire, soit intégrer une Grande École, qui débouchera sur un métier rapidement et grassement payé, vous permettant de rembourser le prêt, les intérêts en plus. Ce n’est pas gagné...

Plus de facilités pour les étudiants ...



Le nouveau "Prêt étudiant" annihile tous les obstacles auparavant dressés entre l’étudiant et l’accès au prêt : plus de conditions de ressources, ni de caution parentale ou d’un tiers. Vous pouvez même demander un remboursement différé partiel voire total, selon vos besoins. Vous pouvez ainsi mener à bien votre projet d’études, qui débouchera donc de manière plus concluante vers un résultat professionnel qui vous permettra de rembourser, enfin.
Bien sûr, il reste des conditions : les prêts doivent être à moyen ou long terme, d’au moins 2 ans, et vous ne pouvez pas contracter un prêt supérieur à 15 000 €... ce n’est déjà pas mal !
Autres petits détails : au moment de la conclusion du prêt, vous devez avoir moins de 28 ans, être de nationalité française, d’un pays membre de l’Union européenne, ou de l’Espace Économique Européen si vous pouvez justifier d’une résidence régulière en France ininterrompue depuis 5 ans au minimum.

... et de garanties pour les banques

L’ouverture de prêts à des étudiants ne pouvant apporter que peu de garanties fait encourir un risque aux banques, qui préféraient auparavant les refuser. Aussi l’Etat s’engage à constituer un "Fonds de Garantie "Prêt Etudiant" ", dans le but de soutenir les organismes financiers qui prennent l’initiative d’aider les étudiants en leur octroyant l’accès au prêt.
Étaient présents lors de la signature par Valérie Pécresse de la convention instaurant ce nouveau prêt le Groupe Banque Populaire et Cetelem, les deux premiers réseaux qui proposent ce prêt, ainsi que la Fédération bancaire française et Oséo, l’organisme de garantie auquel l’État confie le Fonds, renouvelé tous les ans, à hauteur de 5 millions d’€ pour 2008.
La capacité de crédits accordés pourra ainsi atteindre 143 millions d’€.

Sarah Ousahla